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8/5/8 Mambassa Blouz Band + Les Vaches Laitières @ Zelig, LausannePar Mr Lourd :: 02/01/2009 à 18:58 :: Général
Jeudi suivant débute enfin la tournée des Belges de Mambassa Blouz Band. Cela fait plusieurs années que Marcor des Binam’ me dit que ces gens ont envie de venir jouer en Suisse et que ce serait cool que je m’occupe de leur monter une petite tournée. Cela n’a pas été chose facile, mais finalement ça l’a fait. Quatre dates en quatre jours, le tout en Suisse-Romande, soit Lausanne-Neuchatel-Fribourg-Genève, autant vous dire que peu de groupes peuvent se le permettre. Il faut se rappeler que les Mambassa Blouz Band ne sont justement pas n’importe quel groupe. Ils ne sont que deux musiciens, un guitariste et un chanteur, et s’accompagnent d’une boîte à rythme. Evidemment, si leur nom n’en disait pas assez long, ils tapent avec beaucoup de brio dans le répertoire du rock alternatif.
![]() Les Vaches Laitières Cette brillante équipe fait son premier concert helvétique au Zelig de Lausanne. Le concert s’inscrit dans le cadre des 20 ans de la CAP (Caféteria Autogérée Permanente) et je leur ai adjoints les services des Vaches Laitières. Les Mambassa arrivent et cela se passe humainement très bien. On profite du beau temps pour boire de (trop – pour ma part) nombreuses bières sur la terrasse. Le concert commence par les Vaches Laitières et bien que j’avais peur que les gens restent dehors à siroter leur bière, je constate que nos bovins préférés ont réussi à les faire rentrer pour danser sur leur ska-punk. L’ambiance est bonne et ça le fait bien. ![]() Pascal des Mambassa Blouz Band Je ne tiens plus vraiment debout lorsque les Mambassa commencent. Ça vaut bien la peine que je fasse venir un groupe de Belgique pour tout juste me souvenir du concert. En tout cas, les gens ont bien réagi. Les deux occupent bien la scène et savent mettre leur ambiance. Je suis tout bonnement incapable de me souvenir des chansons, mais je me rappelle d’une chouette reprise de « Pamela » des Brochettes et, si je ne m’abuse, de HLM des Ludwig (à moins que je ne confonde avec les Vaches qui en reprennent régulièrement). Ils finissent tout de même par faire un rap sur « Liègeois ». Voilà, donc une excellente soirée. J’ai encore quelques vagues souvenirs d’avoir croisé Nico de Cenk et d’avoir bu quelques shots de tequila enfin de soirée. Tout ça pour vous dire que je ne m’étais pas pris une telle cuite depuis des années, au point que je n’ai pas été capable d’accompagner le groupe pour le reste de la tournée ! La honte, quoi ! Playlist du moment : BOOTLEGGERS - Temps variable (sur une compil Killed By Death France, la numéro 200 peut-être) 03.05 Los Granadians del Espacio Interior @ Sedel, LucernePar Mr Lourd :: 01/01/2009 à 20:23 :: Général
Le lendemain, départ pour un nouveau concert, mais cette fois un peu plus loin ! Depuis plus de 10 ans, je me rends régulièrement au Sedel, salle située dans les anciennes prisons de Lucerne. Il faut dire que la programmation est au top : entre punk 77 et petites sauteries ska, il y a de quoi faire. Cette fois-ci, c’est l’asso Rude Attack qui organise la première et (à ce jour) unique venue des mythiques Los Granadians del Espacio Interior. On arrive tôt et l’on constate que l’on ne sera pas tant que ça à ce concert : une bonne centaine de personnes tout au plus. Il est loin le temps où, en Suisse-allemande, il suffisait de marquer « ska » sur un flyer pour faire salle comble ! Peu importe, la qualité primera sur la quantité. Mes compères et moi devisons longuement sur l’éventuelle présence de Roy Ellis, aka Mr Symarip, à ce concert. Ce dernier n’habite pas très loin de Lucerne et est un bon pote de l’équipe organisatrice.
![]() Entre la boucle de ceinture et le t-shirt Skingirl, c'est la classe ! Le concert commence et il n’y a pas à dire les Granadians avec le early reggae teinté d’énormément d’humour tape bien. Ils ont un peu de peine à se mettre en place, mais au bout de 3-4 morceaux tout roule. Les musiciens ne sont pas des novices et cela s’entend. Ils maîtrisent diablement leur affaire et se laissent aller à beaucoup de délires. Un des guitaristes se roule par terre tous les 3 morceaux, tandis que l’autre arbore une croix de fer à la ceinture et porte un t-shirt « skingirl ». Les Espagnols savent se jouer des clichés et l’Internationale Situationniste Skinhead n’est pas loin. A l’instar de celui des Aggrolites, le claviériste est aussi un petit virtuose et sait habilement se mettre en avant. L’ambiance est excellente, il est vrai que leur musique ne peut se prêter à des embrouilles. ![]() Que dis-je ? La grande classe vestimentaire Arrive le moment tant attendu. On avait effectivement repéré Roy Ellis près du stand marchandising. La question était dès lors quant à sa participation à une chanson ou non. J’ai toujours en tête ce concert foireux à la Reithalle où Desmond Dekker l’avait fait monté sur scène juste pour lui serrer la pogne. Ni plus, ni moins… Du coup, je n’ose trop me réjouir. Pourtant j’aurais pu car une fois monté sur scène, la légende jamaïquaine n’avait guère l’intention d’en redescendre. On commence par un petit « This boots are made for stompin’ », piqué (en partie) à qui vous savez. Les Grenadiens n’ont pas dû répéter la chanson et cela s’entend par rapport à la qualité du reste du set. Cela empire sur l’improvisation d’un medley sans fin ayant comme thème de départ le Skinhead Moonstomp, puis le Kick De Bucket. Là, que ce soit clair, on touche le fond musicalement, Roy Ellis demandant même au groupe de recommencer le morceau tellement les musiciens étaient partis à contretemps. Quoiqu’il en soit, ça fait quand même plaisir à tout le monde de voir ce vieux routier partager la scène avec ces jeunes loups. Après ça, on a encore droit à un dernier morceau avec les Granadians tout seuls et le concert se termine. Hors question pour nous de jouer les allnighters vu que pas mal de route nous attend. Bref une excellente soirée, même si un groupe de première partie n’aurait pas été superflu. Playlist du moment : UK SUBS - Another kind of blues 02.05 LESBIANS ON ECSTASY @ Romandie, LausannePar Mr Lourd :: 01/01/2009 à 20:07 :: Général
Pas mal de concerts en ce début de mois de mai. A peine la fête du travail célébrée comme il se doit, je me rends au Romandie pour une de ces fameuses soirées gays et lesbiennes. En effet, les organisateurs ont le bon goût de programmer les Canadiennes de Lesbians on Ecstasy. J’avais loupé leur premier passage en terre européenne l’an dernier. Il n’en sera pas de même cette année. Le Romandie est bien rempli, vu que, en dehors de l’aspect purement musical, ces soirées homos jouissent d’un certain succès et ce même auprès de la frange hétéro.
![]() Les quatre lesbiennes tabassent tout ce soir. Le groupe est impeccable, le son est d’enfer. Musicalement cela me rappelle les premiers Young Gods au niveau du travail sur le son, mais également des trucs plus proches de Killing Joke pour l’énergie ou Laibach pour les références autoritaires, le tout saupoudré d’une bonne couche d’électro et évidemment d’ecsta. Bref, je manque cruellement de références pour décrire leur concert, mais cela m’a beaucoup plu et je pense que j’aurai de la peine à revoir ce groupe dans des conditions aussi parfaites que celles-ci. Playlist : BABYLON SYSTEM - Radical System Le Petit BalPar Mr Lourd :: 23/07/2007 à 22:44 :: Général
Une affiche d'un des derniers concerts du Petit Bal, légendaire punk fribourgeois (dont vous pouvez trouver un historique plus bas sur ce site). Le groupe soignait toujours son visuel et faisaient des affiches terribles. Ce soir-là, il nous partageaient un nouveau répertoire au théâtre de l'Arbanel de Treyvaux, c'est à dire en famille, vu que le rock treyvalien marchait très fort à cette époque.
L'escroquerie n'a pas duré longtemps, étant donné que quelques mois plus tard, le groupe se séparait. ![]() Toy DollsPar Mr Lourd :: 23/07/2007 à 22:24 :: Fribourg Punk Archive
Une petite affiche d'un concert qui date de 10 ans maintenant, ça ne nous rajeunit pas. Les anglais de Toy Dolls venaient de sortir "One More Megabyte" et jouaient à l'Espace 2C (autrefois salle de concert, aujourd'hui club répondant au nom de "To See"). Je les voyais pour le première fois et cela reste un très bon concert, ce d'autant plus que j'avais serré la main d'Olga à la fin du concert. Quelques mois plus tard, ils revenaient nous voir à Morat, avant une absence de plusieurs années en Suisse (qui prit fin lors de la tournée "Our Last Tour ?" d'il y a 3 ans).
En première partie de ce concert, je découvrais Le Petit Bal, un sympathique groupe punk bien du terroir (allez voir plus bas, vous trouverez un historique d'eux).
Le Rhino évacué !Par Mr Lourd :: 23/07/2007 à 19:37 :: Général
Le Rhino est en train d'être évacué en ce moment même. Les habitants du célèbre squat genevois sont au poste, mais un appel au soutien est lancé. N'hésitez donc pas à vous rendre en toute urgence au 24, Boulevard des Philosophes.
Plus d'infos sur http://www.indymedia.ch/fr Social Distorsion BootlegPar Mr Lourd :: 23/07/2007 à 19:34 :: Général
Toi, aussi tu considères Social Distorsion comme un des meilleurs groupe de punk au monde ? N'hésite pas à te rendre sur ce site, tu pourras télécharger des dizaines et des dizaines d'enregistrement live de la bande à Mike Ness. Une petite reprise de LA SOURIS DEGLINGUEE ?Par Mr Lourd :: 22/07/2007 à 19:45 :: Général
Un petit plaisir ? En vu d'un article illustrant une interview de LA SOURIS DEGLINGUEE dans un fanzine jurassien prochainement célèbre, je suis tombé sur mes recherches sur une reprise inédite d'un vieux titre de La Souris par le défunt combo bisontin STEROIDS. Si tu veux entendre la reprise de "Rockers", rend toi donc sur le site/blog de Jean-Sé, notamment guitariste et illustrateur du groupe http://j-sevincent.club.fr/index.htm ![]() Le défunt groupe qu'on a souvent eu l'occasion de voir près de chez nous, pose ici sur le parking de la Coupole de Bienne 06.05 Napalm Death au Romandie à LausannePar Mr Lourd :: 22/07/2007 à 18:56 :: Chroniques concerts
Le concert date un peu, mais peu importe... Je vais ajouter quelques photos bientôt
06.05 Napalm Death au Romandie à Lausanne Il y a de nombreuses années de cela, je devais voir les légendes du grindcore au Bad Bonn Kilbi. Le groupe avait annulé au dernier moment et je n’étais pas le seul à être déçu. Je ne suis pas du genre à courir après les concerts de ce style, mais si l’occasion m’en est donnée, je ne vais pas dire non… C’est exactement ce qui se passe ce dimanche soir. Napalm Death joue au Romandie et le club affiche complet pour la peine. J’arrive un peu tard et entend déjà un bruit sourd qui monte depuis les entrailles de la Riponne. Napalm Death vient de commencer son set, dommage pour la première partie. De Tamanrace à Vladivostock en passant par Lausanne, l’air est moite, irrespirable. L’ambiance est torride, on slamme jusqu’au ¾ de la salle (jolie performance). J’opère donc un repris stratégique du côté du bar pour apprécier la puissance du show des quatre de Birmingham venus défendre à guitare tirée leur nouvel album. Présence scénique massive –le t-shirt Discharge du chanteur doit avoir une odeur particulière-, technique redoutable, son surpuissant. Leur concert est rôdé, normal pour un groupe qui existe depuis 25 ans, me répondrez-vous. Il n’en reste pas moins que je reste sous le charme. Le chanteur parle peu entre les morceaux, mais efficacement –quelques paroles sur la religion-. Même sans cela, la présence scénique époustouflante du groupe suffirait. Afin d’éviter d’étaler mon inculture en matière de grind (ne surtout pas avouer qu’il m’a semblé qu’ils aient joué toujours le même titre), je ne parlerai guère de la set-list, mais il semblerait que ce soit un heureux mélange entre les différentes périodes et albums du groupe. Je ne reconnaîtrai que la reprise des Dead Kennedys « Nazi Punk Fuck Off » lors du rappel… et encore, quand je dis reconnaître, c’est bien parce qu’il a été annoncé que la prochaine chanson est « an antifascist song ». Quoiqu’il en soit, le public, largement diversifié, en ressort content si j’en crois le gros grognement qui ponctue chaque fin de chanson. Pour ma part, il me reste à avouer que pour un non-fan de metal, je me suis pris une sacrée claque. 9 Juillet 2007 Beastie Boys + Spank Rock à MontreuxPar Mr Lourd :: 22/07/2007 à 18:37 :: Chroniques concerts
Cette année encore, je rempile au Montreux Jazz pour votre radio préférée, ce qui m'oblige à faire des comptes-rendus costaud !
9 Juillet 2007 Beastie Boys + Spank Rock à Montreux Le bon chaos qui avait entouré le dernier passage à Montreux des Beastie Boys, lors de la tournée de 1987 avec Run DMC, reste gravé dans les mémoires locales. En effet, dès la conférence de presse, les jeunes blancs-becs new-yorkais, en pleine ascension après la sortie de Licensed to Ill, n’hésitent pas à attaquer les journalistes à coup de sandwichs, s’aspergent de champagne et finissent par tripoter une jeune fille peu consentante. La conférence s’était terminée dans la rue avec un Adam Horovitz juché sur une voiture. Plus tard dans la soirée, le groupe avait retourné plusieurs voitures dans la ville. (lire à ce sujet l’article du 24 Heures du 10 Juillet 2007 « Garçons bestiaux devenus grands » par F. Barras. Trouvable sur le net) A l’époque, le rap était considéré comme une nouveauté que la presse à scandale utilisait pour effrayer le quidam moyen. Les Beastie Boys, à force de provocations, ne purent boucler les dernières dates de cette tournée car ils s’étaient faits expulsés manu militari d’une Angleterre gouvernée par une certaine Maggie qui possédait en son temps une poigne de fer. A son échelle, l’étape de Montreux avait fait évidemment les choux gras de la presse locale. ![]() Vingt ans plus tard, la presse locale est encore plus médiocre, mais elle chante d’unisson les louanges des anciennes teignes new-yorkaises qui viennent se produire pour deux concerts exceptionnels au bord de la Riviera. Venant défendre son tout nouvel opus instrumental, le groupe se produira un premier soir dans sa formule « classique » et un deuxième pour un set entièrement dédié aux morceaux instrumentaux. Le fait que les Beastie Boys viennent jouer dans de si « petites » salles donne un caractère d’exceptionnel à ces deux dates. Dès lors, inutile de préciser que le marché noir des billets tourne bien dans le hall du Palais des congrès. Même si je n’ai jamais été un grand fan des Beastie Boys par le passé, je recroise néanmoins toute mon adolescence et de nombreuses anciennes connaissances. Il est difficile d’avancer plus de deux mètres sans croiser quelqu’un que je n’ai pas vu depuis x années et les discussions sur les mariages des uns, les enfants des autres et les nouveaux seins d’une troisième me font lamentablement louper Spank Rock, un trio qui officie dans un hip-hop plutôt oldschool, bien qu’il m’ait semblé entendre un long sample de « Smells like teen spirit ». Les Beastie Boys investissent la scène à 22 heures tapantes sous les cris d’un public qui n’en peut plus de ces années d’attente. Les trois membres historiques du groupe (Adam Yauch –MCA-, Michael Diamond -Mike D- et Adam Horovitz - Ad-rock- ), habillés en élégants costards (mais sans les moustaches de Sabotage) sont accompagnés de Mix Master Mike, MC du groupe depuis l’album « Hello Nasty », d’un percussionniste –Alfredo Ortiz- et de Money Mark aux samples et claviers... Après un premier morceau mollasson à souhait, le groupe s’empare des guitares et lance « Time of livin’ », autrefois brûlot punk de l’album « Check your Head », pour chauffer la salle. Malgré un rythme bien inférieur à l’album, des pogos éclatent partout au sein de l’auditorium Stravinski. Le groupe est désormais installé, occupant le moindre recoin de la scène, et envoie à un public conquis d’avance des classiques parmi les classiques « Brass Monkey », « Intergalactic », « No Sleep ‘til Brooklyn » et bien sûr « Sabotage ». Le groupe en profite aussi pour défendre, parfois laborieusement, certains morceaux de leur dernier opus en date. Au final, leur concert me fit passer un bon moment, mais fût loin d’être inoubliable. A force de jouer devant des publics conquis d’avance et finalement peu regardant de la qualité, les Beastie Boys perdent en énergie et ironie et s’enferment dans une suffisance à la limite du soutenable. Autant le groupe vieillit incontestablement bien sur disque en se renouvelant sans cesse, autant le fil des années commence à peser lourdement sur leurs prestations scéniques. Il me semble clair que l’on était en droit d’en attendre plus et même si j’ai passé un excellent concert, celui-ci ne restera sans doute pas gravé dans l’éternel de ma mémoire. Heaven and Hell, Motorhead, 7 juillet à MontreuxPar Mr Lourd :: 22/07/2007 à 18:35 :: Chroniques concerts
Cette année encore, je rempile au Montreux Jazz pour votre radio préférée, ce qui m'oblige à faire des comptes-rendus costaud !
Heaven and Hell, Motorhead, 7 juillet à Montreux Voilà plusieurs années que le Montreux Jazz Festival nous offre une soirée plus métal, destinée aux amateurs de décibels saturés. Pour cette édition, le programme va piocher dans les vieilles casseroles – vous savez, celles dans lesquelles on fait (parfois) les meilleures soupes - en nous amenant sur un plateau doré Motorhead et Heaven and Hell, composés d’anciens membres de Black Sabbath. Reprenons les choses où je les avais laissées : il y a 10 ans de cela, je voyais Motorhead en concert au Fri-Son de Fribourg et mes oreilles avaient sifflé durant plusieurs jours. Autant dire que cette fois, je me suis armé de boules quies pour m’attaquer au concert de la bande à Lemmy. L’auditorium Stravinsky est rempli de metalleux et rockers de tout âge. Motorhead est vraiment un groupe qui arrive, grâce à son honnêteté, à obtenir un redoutable consensus entre les générations. Jeunes kids nés de la dernière pluie et vieux routards au crâne dégarni et à la queue de cheval blanchissante se réunissent au son des décibels de Motorhead. L’effet du temps ne semble pas avoir d’effet sur le trio. Lemmy, bien que souffrant de peu d’une pneumonie qui l’a amené à annuler 3 dates sur cette tournée, est fidèle à lui-même. Campé face à son micro, il martèle sa quatre cordes en éructant les classiques du trio. Franc en toute circonstance, le groupe conquit l’audience, qui le lui rendit bien. Peu de temps morts, excepté un puissant solo de batterie, durant lequel Lemmy et Phil Campell s’éclipsent. Mikkey Dee se fait plaisir, mais pour ma part, je reste mitigé, surtout qu’après ce break, nos deux cordistes semblent avoir un peu de peine à se remettre dans le concert. Il faudra attendre le splendide rappel pour voir le groupe s’attaquer à un titre à coup de guitares acoustiques et harmonica, remettant ainsi en doute toutes mes certitudes sur Motorhead ! Le résultat est superbe, le groupe mériterait un album acoustique. Reprise des guitares pour enchaîner ensuite sur un « Ace of Spade » d’anthologie. Puis le groupe salue et remercie humblement le public et s’en va. Pas de doute, Motorhead EST le rock’n’roll ! Quarante minutes plus tard, Heaven and Hell fait son apparition avec une mise en scène qui sied à merveille à leur patronyme. Les quatre jouent devant des grilles de cimetières sous l’œil attentif de trois anges fumeurs de cigarette. Heaven and Hell se compose donc d’anciens membres de Black Sabbath, à savoir Tony Iommi, Geezer Butler et des deux mercenaires Ronnie James Dio (vu dans Rainbow au côté de Ritchie Blackmore de Deep Purple) et Vinny Appice. Oeuvrant dès 1969, Black Sabbath est considéré comme le groupe initiateur de ce gros rock aux guitares écorchées. Autant dire que son influence est incontournable au sein de ce qui deviendra par la suite la scène hard. Malheureusement le show de ce soir me semble ne pas être à la hauteur, ou du moins pas tenir la comparaison avec Motorhead. Les musiciens tirent une gueule d’enterrement de circonstance et exécutent classiques et nouvelles compos sans grande conviction et sans âme aucune. Les morceaux tirent sur la longueur et semblent parfois interminables, tout comme le concert en soit. Lorsque les lumières se rallument dans le Stravinski, je constate que je ne suis pas le seul dubitatif à propos de cette pseudo reformation. Un pari risqué, qui se traduit surtout par un essai non transformé. Les mémoires retiendront donc à terme la sempiternelle irréprochabilité de la performance de Motorhead, mais j’émets de forts doutes sur un éventuel passage à postérité de Heaven and Hell. 2.05 Plastiscines au Bleu Lézard, LausannePar Mr Lourd :: 12/05/2007 à 20:55 :: Général
Je sens que cette chronique va en faire railler plus d’un. Et bien oui, sachez que je suis allé voir les Plastiscines ! Et qu’en plus, j’ai apprécié ce concert. J’y allais dans le total bon esprit sachant simplement que les Plastiscines étaient simplement un groupe de rock’n’roll et ignorant totalement leur popularité médiatique. Je me doutais certes bien, vu le succès actuel de ce genre de musique, que le public allait être garni de rockers en carton nés justement de la dernière pluie.
J’arrive donc à la cave du Bleu Lézard peu de temps avant le début du concert et constate que, ouf, mercredi soir obligeant, beaucoup des néo-rockers susmentionnés, à deux trois exceptions près, n’ont pas obtenu la permission de minuit. Alors qu’ « Automatic Lovers » des Buzzcocks retentit dans la petite cave, les quatre jeunes parisiennes sortent des loges. La chanteuse fredonne la chanson des couilles volantes, signe indiscutable de maturité musicale. Le concert commence, les quatre lycéennes nous balancent un agréable mélange entre power-pop anglaise et yéyé français, le tout avec un son garage assez léché. C’est rafraîchissant et réjouissant à souhait. Souriantes, énergiques, elles séduisent rapidement l’assemblée malgré leur communication assez timide. Leur musique me fait bien évidemment penser aux Calamités, génial groupe de filles des années 1980. Les chansons sont chantées en français et en anglais. Les paroles assez naïves sont à la hauteur de leur âge. Il paraîtrait que « Looser », une chanson sur laquelle un ancien membre de Fréquence Banane s’est particulièrement reconnu (à raison d’ailleurs), soit un de leurs tubes. C’est bien dommage car je trouve que c’est la plus mauvaise du set, ma préférence allant aux chansons en anglais. Mais mis à part cela, le set touche le sans-faute, avec de nouvelles chansons, une chouette présence scénique (la batteuse joue debout sur un morceau). On notera une petite reprise de la mère Sinatra avec évidemment un morceau qui parle de « chaussures qui sont faites pour marcher ». Après une heure de musique et un rappel qui reprend des chansons déjà jouées (oldschool !) car elles n’en ont pas plus, le concert se clôt… avant minuit (dommage pour les rockers en carton, ça aurait pu le faire avec la permission de minuit). Pour ma part, étant totalement étranger au buzz médiatique autour de ce groupe, j’ai vu un honnête gang de rock’n’roll et, à vrai dire, je n’en demandais guère plus. Surfant sur une vague, condamné sans aucun doute à se séparer rapidement ou à devenir un vulgaire produit, ce genre de groupe, si l’on veut l’apprécier à sa juste valeur, est à voir dans un cadre précis et à un moment particulier. C’était le cas des Plastiscines ce mercredi soir. Je réserve mes commentaires quant à un éventuel concert dans deux ans au Paléo. Dès que L. m'aura envoyé une ou deux photo, je mettrai ça en ligne... 26.04 Real McKenzies + Cenk au NED à MontreuxPar Mr Lourd :: 12/05/2007 à 20:53 :: Chroniques concerts
J’avais déjà vu les Real McKenzies voilà 5 ans à Zoug (en compagnie des excellents Terrorgruppe), du coup, je n’envisageais guère plus que ça que d’aller les voir à Montreux. Ce d’autant plus que 10'000 Shots, le dernier album en date des pseudos écossais ne n’avait guère enthousiasmé. C’était sans compter le fait que mes petits amis de Cenk en fassent la première partie.
Ca faisait relativement longtemps que je n’étais pas allé au NED. J’arrive assez tôt et constate d’entrée que la foule n’est pas de sortie. Il est de notoriété publique que le public du NED se compose essentiellement de gymnasiens, mais malgré le fait que ce concert soit un jeudi soir, je pensais que la réputation des McKenzies allait en faire venir plus d’un. Je n’étais pas le seul à le penser puisque avec une soixantaine d’entrées payantes, la soirée est un véritable naufrage budgétaire pour le NED. Cenk ouvre donc devant peu de monde. Le groupe nous présente leur nouvel ami, Jean-Yves, qui un peu à la manière de Xurx est également un multi instrumentiste. En l’occurrence, il aura surtout pour tâche de remplacer Marc à la guitare, mais joue également quelques morceaux au sax. Outre un nouveau musicien, le public a aussi droit à plusieurs nouveaux morceaux, qui, à première écoute, paraissent un peu plus enlevés que le répertoire traditionnel. Ces nouveaux morceaux s’accompagnent également de nouvelles chorégraphies et de nouveaux clins d’œil, notamment un bref hommage aux Stooges par Iggy Xurx. Bon concert, même si le public reste plutôt sage, mis à part le show exhibitionniste de quelques top-managers en goguette. Je n’attendais pas grand chose des McKenzies, même si j’avais beaucoup apprécié ce groupe par le passé. L’avantage lorsque l’on attend rien d’un groupe, c’est que l’on est rarement déçu. Et ce fut le cas. Le concert des Canadiens s’inscrivit dans une lignée chaotique, rock’n’roll à souhait et surtout énormément drôle. Il fallait voir le guitariste et le bassiste qui se foutent ouvertement de la gueule du chanteur et la tentative avortée de reprise de « Smoke on the water ». Une bonne partie des musiciens étaient donc ivres morts et le show fut intense. Devant tant de sincérité, le public a aussi joué le jeu et ce fut un concert excellent sur tous points de vue. Je m’en serais presque mordu les doigts de ne pas y être venu. Attentat Sonore au Moloko à Genève le 17 avril 2007Par Mr Lourd :: 24/04/2007 à 22:02 :: Chroniques concerts
Attentat Sonore au Moloko à Genève le 17 avril 2007
Les concerts au Moloko, j’aime ça : un petit bar, une entrée bien souvent gratuite, des bons groupes et le tout finit suffisamment tôt pour un concert en semaine. C’est dire si j’étais content que les Limougeauds d’Attentat Sonore y fassent halte. J’avais déjà eu l’occasion d’apprécier cet excellent groupe au festival Rude Boys Unity 2ème ou 3ème du nom, mais il avait joué en début d’après-midi dans des conditions mitigées. Ce soir, au contraire, la foule est présente, le Moloko est rempli. Après de nombreux échanges par mails, je rencontre pour la première fois en vrai Raf, le guitariste du groupe. Une bonne rencontre. Le groupe est parti pour une mini-tournée de 5 dates qui vont les amener dans 4 pays (Suisse, Allemagne, Belgique et France). Genève est la première des destinations, donc ils sont encore en forme et souriants. ![]() Attentat Sonore (mais pas à Genève) Le concert est excellent, même si le son est un peu limite au début. Les musiciens sont communicatifs. Leur punk partagé entre idées anarcho-punk, mais au son plus punk-hardcore, voire street-punk, le tout avec un chant mixte est assez unique dans son genre et me plaît. Ce groupe, plus tout jeune, bientôt 20 ans d’âge, pond de très bonnes chansons, « Dirty 70’s » qu’ils ont joué malheureusement trop tôt dans leur set, reste selon moi une des meilleures. Outre leurs excellents morceaux comme « Social headache », « Salt Lake Nazis », on a droit à une petite reprise de « Work together » des Oppressed qui remplace le classique « No SS » de Kidnap. Il faudra attendre le rappel et les premiers pogos pour qu’un phaco nous arrose de bière sur le très bon « Punx with brains ». Je note d’ailleurs que sur 5 musiciens, 4 portent un t-shirt blanc (notamment pour la chanteuse –signe indiscutable de bon goût- un t-shirt des Avengers), ils n’ont pas peur ces punks qui partent en tournée. Le concert se clôt donc après une bonne heure de set. Puis, les discussions vont bon train au coin du bar. Excellente soirée. Il m’en faut plus des comme ça ! Le site (avec des mp3) : http://www.attentatsonore.com LAIBACH, 8 avril 2007, Fri-Son, FribourgPar Mr Lourd :: 21/04/2007 à 18:51 :: Chroniques concerts
LAIBACH, 8 avril 2007, Fri-Son, Fribourg
En ce dimanche soir de Pâques, les légendaires Laibach réinvestissaient Fri-Son après de nombreuses années d’absence. Il est malheureusement de coutume d’assimiler ce groupe slovène avec une certaine extrême qui ne me convient guère. Faute sans doute à leur provocation basée sur l’utilisation ironique et dénonciatrice des symboles des régimes autoritaires et totalitaires. Cependant, en 2007, les choses semblent être claires et, seuls quelques esprits attardés peuvent encore croire que Laibach est un groupe d’extrême-droite. Le public de Fri-Son est donc très diversifié, anciens ressortis du néant, quelques (gol)goths, des métalleux et de nombreux curieux comme moi de voir le phénomène. ![]() En effet, Laibach brouille les pistes depuis les années 1980. Les albums suivent et ne se ressemblent pas. Le groupe avait été évidemment grandement influencé dans sa production musicale par la guerre fratricide yougoslave, en était ressorti notamment un album N.A.T.O. (abréviation anglaise d’OTAN). Leur dernier album en date, Volk, sorti l’année dernière revisite à la sauce slovène différents hymnes nationaux. L’hymne national suisse annonce, après différents chants partisans, l’arrivée du groupe sur scène. Le concert sera composé de deux sets, le premier reprend le nouvel album et l’on retrouve leurs versions calmes, voire atmosphériques des différents hymes qu’ils soient italien, français, espagnol, turcs… Musicalement on est loin de la folie industrielle des débuts du groupe. Le groupe est accompagné visuellement par deux écrans géants sur lesquels sont projetés au fond de la scène des montages illustrant les chansons. Un travail vidéographique remarquable, notamment celui illustrant le morceau sur le conflit israélo-palestinien. ![]() Lors du deuxième set, deux choristes-percussionistes s’avancent sur le devant de la scène. La claque industrielle prend tout son sens. Le set commence avec le violent Tanz Mit Laibach et enchaîne violemment chanson sur chanson sans ne guère laisser au public le temps de souffler. Laibach et ses décibels outrageux ravagent tout sur leur passage et ne me laisseront donc pas indifférent, tout comme le nombreux public présent. Je sors donc particulièrement enthousiasmé de ce concert, je voulais voir le phénomène et je fus conquis par la puissance. Aucun regret ! Des photos de Laibach en concert sont visibles (en plus gros) ici ! http://nskstate.com/laibach/photos/volk-eutour.php Galiza Calling - Compte rendu de la tournée galicienne de Cenk !Par Mr Lourd :: 07/04/2007 à 23:37 :: Général
Galizia Calling "Cenk à l’ancienne" ou "J’ai survécu à Abou Ghraib" Au milieu de l’hiver dernier, une idée commença à germer dans les grands cerveaux des géniaux musiciens de Cenk : faire une tournée estivale en Galice, la patrie de Xurxx, multi-instrumentiste du groupe. Située au nord-est de l’Espagne, La Galice est une région de la même taille que la Suisse. Elle représente une des 17 communautés autonomes qui forment l’Espagne La fraîcheur de la côte Atlantique et une végétation bien plus verdoyante que dans le reste de la péninsule, permettent à cette région d’échapper aux chaleurs infernales de l’été ibérique. Enthousiasmé à la fois par le projet de tournée et par les musiciens en tant que personnes, je me propose de les accompagner en qualité de roadie et chauffeur… ou me l’ont-il proposé ? Personne ne s’en souvient vraiment et peu importe vu que tout le monde semble satisfait. ![]() CENK... Merci à eux ! (Même s'ils ne sont pas très convaincants en pose de loubards !) Peu à peu, la tournée prend forme, les dates se concrétisent. Nous partons donc pour 10 jours avec six concerts, cinq en Galice et un à Montpellier, et, comme il faut bien profiter de la vie, quatre day-off. Le départ est prévu pour le mercredi 19 juillet, mais, la veille, nous allons chercher notre moyen de transport, un magnifique Renault Master dégoté avec amour par Soko. Le bus est une belle bête de 9 places. Comme nous sommes sept (les cinq musiciens, un ingénieur du son et ma propre personne) à partir et que le bus dispose en outre d’un gigantesque coffre, nous n’allons pas souffrir d’un manque de place. Mercredi 19 Juillet : Montpellier (F) @ Pinte Pub Mercredi 19 juillet, malgré l’heure matinale, tout le monde est au rendez-vous. Je finis de charger le bus, en m’inspirant des techniques de Tetris les plus évoluées et nous prenons la route tranquillement. Nous avons rendez-vous à Montpellier vers 18 heures. Soko, qui se rend souvent dans cette ville où sa soeur habite, connaît la route et conduit. J’ai tout le loisir de me reposer car une longue nuit de conduite m’attend. Le passage de la douane, moment fort redouté pour tout groupe de rock en tournée, devient rapidement un moment de franche rigolade. Lorsque le douanier francais nous demande si nous faisons de la musique commerciale, nous manquons d’éclater de rire, avant que Soko ne déclare que nous jouons de la musique celtique. Voyou, le beau labrador noir qui fouille le bus est largement plus défoncé que nous le serons plus tard, et, en zigzaguant autour du bus, il manque plusieurs fois de se faire écraser par les voitures qui circulent sur la route. ![]() On the road ! Nous repartons indemnes et poursuivons la route entre différentes blagues particulièrement fines à base d’éjaculation faciale de crème solaire (désolé Xurxx) et pauses inopinées. En fin d’après-midi, nous atteignons Montpellier. Soko, connaissant la ville quasiment comme sa poche nous amène au Pinte Pub en moins de deux. J’avais souvent entendu parler de ce bar car toute la scène punk du sud y a joué une fois ou l’autre. De surcroît, un ancien lausannois exilé, Fred d’Antabuse, y organise parfois des concerts en invitant des groupes helvétiques. Le pub est construit sur deux étages, le bar en bas et une chouette petite salle de concert en haut. Les gens qui nous accueillent sont sympas et ont l’accent qu’il convient d’avoir. Seul point négatif, la sono n’est pas encore arrivée. Comme nous sommes largement en avance et devant l’impossibilité évidente de faire des soundcheck, nous décidons de nous diriger vers Palavas-les-Flots, la plage la plus proche de Montpellier. Palavas-les-Flots et son camping ont été largement popularisés par le dessinateur Edika dans Fluide Glacial, en qualité de lieu de vacances favori des Bidochons les plus caricaturaux de la France. C’est aussi le lieu que la soeur de Soko et son beauf ont choisi d’habiter. Ce dernier nous accueille à bras ouverts. Après un apéro de bienvenue de circonstance, nous partons à la plage. Le sable est fin, l’eau chaude et nous nous amusons tous dans les nombreuses vagues. Nous retournons chez le beauf de Soko pour des grillades et un autre apéro. Quelques chansons paillardes plus tard, nous retournons au bar. Mauvaise nouvelle, la sono n’est pas là, elle n’arrivera jamais. Alors que le groupe discute de l’éventualité de jouer sans sono ou d’annuler le concert, j’observe un groupe de personnes qui se cachent de nous et matent en direction du bus. Ma paranoïa légendaire prend le dessus. Néanmoins, personne ne semble la partager. Je décharge le bus et le parque a côté de la salle. Pendant ce temps, les mecs louches entrent dans le bar, et – ô suprise -, il s’agit en fait de la Cenk School, en l’occurence, Mulwurst, fan du groupe devant l’éternel, et trois de ses amis, en vacances dans le coin. Le concert commence vers 23 heures devant pas grand monde. Soko débute en rendant hommage à un des plus grand groupes de rock de Montpellier, Les Shériff, en leur parodiant au gré des événements leur phrase d’introduction “Bonsoir, on est les Cenk de Lausanne et on avait prévu de faire du bruit”. Les connaisseurs saisiront et apprécieront. Face a la faible affluence, il ajoute que “cela fait plaisir de voir autant de têtes connues”. N’ayant rien à perdre, le groupe se la donne à fond et se la joue bien rock-n-roll. Finalement, le manque de sono ne gêne pas autant que ça (sauf Tabach qui s'ennuie sans sono à gérer). Le groupe transpire bien sous les spots. Le public danse et apprécie. Il comporte évidemment le vieux mec bourré que l’on retrouve systématiquement à chaque concert punk dans le sud de la France. Il propose à tout le monde de danser avec lui, particulièrement aux filles et tout spécialement à la soeur de Soko, arrivée entre-deux. Une fois le concert terminé, je joue au bon roadie, ce qui me permet de soumettre au lecteur ébahi la définition du roadie selon le dictionnaire du rock. “Road : Espèce d’armoire à glace vêtue d’un T-Shirt à l’effigie du groupe. Il est censé monter et demontre le matériel sans transpirer mais aussi chercher des bières dans le fourgon. On peut lui demander de passer des noix avec sa main ou de langer le fils du guitariste. A jeun, un road sait tout faire, mais il boit. La complainte du road : Tout ce qui est rouge, tu bois. Tout ce qui est blanc, tu sniffes. Tout ce qui bouge, tu tapes. Tout ce qui bouge pas, tu le mets dans le camion.” A quelques nuances près, cela me correspond assez. Je stresse néanmoins tout le monde, car nous avons de la route. En effet, demain nous jouons à Ribeira, au bord de l’océan Atlantique, à plus de 1400 kilomètres de Montpellier. 20 Juillet : Ribeira (GZ) @ Fiesta Da Dorna Je conduis de nuit en compagnie de Xurxx et Tabach, qui ont comme tâche de me tenir éveillé. Tabach s’endort avant même que nous sortions de Montpellier. Le reste du groupe reste néanmoins très excité… durant au moins 30 kilomètres avant de s’endormir. La fatigue ne m’atteint pas immédiatement, j’écoute mes cds a fond, torse nu et fenêtre ouverte. La route suit son cours : Toulouse, Pau, Tarbes… La fatigue se fait sentir, je sors le thermos de café et autres boissons excitantes. Lorsque mon ennemie se fait pesante, Xurxx, toujours bien présent, et moi “commentons” sur plusieurs dizaines de kilomètres la route et ses nombreux panneaux étranges, notamment celui de la biche qui fait un saut de 37 kilomètres. Le soleil se lève derrière nous et je m’apprête à passer le volant au suivant. Je n’ai toutefois pas brûlé mes dernières cartouches vu que je n’ai pas cassé les pieds à Xurxx ni avec la Guerre d’Espagne, ni avec les ferias de Bayonne. C’est justement après avoir dépassé cette ville que je lègue le volant à Fab. Je sombre définitivement dans le coma et ne me réveille que dans le désert castillan. Nous continuons la route quasiment sans nous arrêter. Nous atteignons la Galice, perdons un peu de temps dans Ourense, splendide ville aux mille ponts et arrivons bien terrassés à Ribeira après 17 heures de route non-stop. Le port de Ribeira Nous jouons à la Fiesta Da Dorna, une fête traditionnelle locale, la 58ème du nom. La fête dure 4 jours et se termine le lundi lors du Dia Da Patria, sorte de fête “nationale” galicienne. Ribeira est un petit port particulièrement typique et le concert a lieu en plein centre au bord de la mer. Face à nous, une immense scène de 2 mètres de haut et 20 de long. Bien évidemment, Cenk ne joue pas sur celle-ci, mais sur une petite scène qui est en train d’être construite. Bref, on est pas pressé pour le concert, ce qui nous laisse le temps d’aller voir l’appartement où nous allons dormir. Le mec qui nous héberge, David, est le guitariste de la Compañía do Ruido, un groupe de “ska-festif-du-sud-respectueux-des-traditions-locales” qui tourne bien en Galice. Son appartemment est énorme et il y a des lits pour tous. Autre agréable surprise, je peux laisser le bus sur place vu que la scène est située devant un poste de la Guardia Civil équipé de caméras vidéo. Cela signifie que je n’aurai pas à me retenir sur l’alcool, ce qui m’arrange plutôt bien. Nous sommes invités au resto, un repas gargantuesque attend. Pour la première fois, nous goûtons aux délicieux piments et je mange ma première tortilla de la tournée. David nous fait également boire un digestif local, la licor-café qui nous tasse bien. Quelques pas au bord de la mer nous sont même nécessaires. ![]() La soirée commence par une démonstration de danses celtiques exécutées par des enfants. Nous en profitons pour aller boire un café avec la famille de Xurxx (parents, soeur, grands-parents, oncles et tantes) venue en force soutenir son rejeton. La suite du concert, censée être une démo de capoiera, est en fait un spectacle de fitness sponsorisée par une trop célèbre marque de boisson gazeuse. Avant le concert de Cenk, un groupe de “punk” local - Tirso – prend possession de la scène. Entre un chanteur qui porte un bonnet enfoncé jusqu’aux yeux, un gratteux issu du hard-rock qui place 2 solos par chanson et un bassiste inexistant, cela reste très difficile à écouter, malgré mon ouverture d’esprit légendaire. Quoiqu’il en soit, le public, très jeune et portant les couleurs de son bar (vu que la Fiesta da Dorna est également une compétition inter-bar), reste stoïque et écoute sans bouger. Enfin, Cenk enchaîne pour un concert qui peine à débuter. La fatigue entraîne les pains et, pour couronner le tout, Xurxx pète sa anche de gaita sur le premier morceau. Peu à peu, les 100 à 200 personnes “concentrées” sur le concert et des dizaines d’autres qui regardent de plus loin, se mettent à danser et le groupe se sent à l’aise et se fait plaisir. Les choses s’accélèrent : des gens de l’organisation amènent des verres de kalimotxo sur scène, les (très) jeunes filles se trémoussent sur le devant de la scène. Xurxx est rejoint par un deuxième joueur de gaita sur scène. Bref, la folie ! Le concert se termine : rappel obligé “outra”. Une fois, les amplis débranchés les fans accourent pour discuter, acheter des cds et des jeunes filles font des photos avec Soko. J’ai filmé le concert et réalisé quelques interviews de fans. Quelques bières plus tard, je ferai connaissance avec le Mr Lourd local. Sympathique (normal), il essaie de me parler en (mauvais) anglais et je lui réponds de mon (mauvais) espagnol. Notre taux d’alcool réciproque n’arrangeant en rien les choses. Il réussit à me présenter une copine “qui a envie d’avoir du sexe avec moi”. Bien que très jolie, elle reste néanmoins mineure et je suis casé et sérieux. Parallèlement à ça, Nico se fait aussi aborder et, pour s’en sortir avec honneur, répond qu’il est homosexuel. Manque de chance, le meilleur ami de la fille en question est lui aussi gay, et elle s’empresse de l’appeler et de le présenter à Nico. La fête reprend de plus belle lorsque des jeunes ressortent des instruments traditionnels (gaita, tambour…) et se réunissent sur le parking et jouent des airs locaux. Xurxx se joint bien évidemment à eux et l’on danse tous autour. Nous buvons encore quelques verres et les plus fatigués d’entre-nous rentrent se coucher. Ce sera Fab qui aura l’honneur de poser la première galette de la tournée dans le bidet de David. 21 Juillet : Melide (GZ) @ Pub Gatos Réveil douloureux le lendemain. Je suis réveillé par les cris des coqs et des mouettes rieuses locales, le tout en pleine ville bien évidemment. On se prépare et on démarre assez rapidement car la journée va être chargée. La route que nous avons prise hier pour aller à Ribeira est réputée pour être particulièrement dangereuse, 50 morts en 5 ans sur 35 kilomètres et Xurxx veut nous faire remonter vers Santiago de Compostela (Saint-Jacques de Compostelle) par une autre route. Tout le monde a envie d’écouter le cd du groupe de David, mais, comme convenu, le chauffeur choisit la musique. Au vu de mon mal de tête, je n’ai envie d’écouter que mes compilations de Soul et les autres sortent les deux guitares folk embarquées et chantent à tue-tête des classiques, de Brassens aux Nonnes Troppo en passant par tout le répertoire paillard. Désormais, chaque fois que je chargerai le bus, je m’arrangerai pour que les deux guitares en question soient systématiquement au fond du bus et totalement inatteignables. Nous avons tout d’abord rendez-vous à Santiago pour effectuer une interview pour Radio Galega. Radio Galega, comme son nom l’indique, est la radio galicienne. Elle partage les mêmes locaux que l’antenne galicienne de la TVE et d’autres chaînes locales. L’animateur, Vituco (membre de Ruxe Ruxe), vêtu d’un chouette t-shirt des Ramones nous accueille chaleureusement. Comme partout, Xurxx est reçu comme un demi-dieu. Lorsque la jolie animatrice locale lui saute dans les bras en lui plaquant généreusement ses seins contre lui, certains célibataires du groupe semblent un peu jaloux. Le groupe à droit à 30 minutes de direct. Xurxx fait parler le reste du groupe en galego, ce qui est assez comique. Les animateurs passent de la bonne musique. Au niveau des grandes sorties, on retiendra particulièrement Marc, qui, lorsque Xurxx, jouant au traducteur, l’interroge à propos des projets du groupe, répond tout naturellement « se trouver une copine ». Par la suite, nous partons pour du pré-enregistré, le temps d’un petit jingle hip-hop que vous retrouverez certainement sur le site du groupe. Un petit tour sur une terrasse dans les rues piétonnes de Santiago nous permet de contempler les milliers des pélerins et même des pélerins punks (authentique). Nous passons rapidement devant la cathédrale car nous prendrons le temps de la visiter durant les day-off. Nous reprenons donc la route en direction de Melide, un sympathique petit village de 6'000 habitants. Le concert a lieu au Pub Gatos, un bar qui a la réputation d’être un des plus rock’n’roll de toute la Galice. Effectivement dès que Nani, le patron, nous ouvre ses portes, nous ne pouvons que le constater. Cet endroit suinte le rock’n’roll de tous les coins. Nani nous sert d’entrée les bières de 75 cl et nous nous mettons à jouer sur un de ces baby-foot préhistoriques ibères avec des joueurs et des balles en métal qui font un bruit digne d’un atelier de forgeron. Cenk fait tranquillement le soundcheck durant lequel d’autres joueurs de gaita s’annoncent pour venir rejoindre le groupe pour deux morceaux. Nani est un grand fan de Cenk (si, si, ça existe) et il tenait absolument à organiser ce concert. Comme il ne fait pas d’entrée payante, il s’est trouvé quelques sponsors pour le concert et nous avons la surprise de voir figurer sur l’affiche du concert des logos de différentes multinationales, mais aussi de la pâtisserie locale. Nous prenons possession de notre hôtel. Par chance, nous pouvons de nouveau laisser le matos sur place et rentrer à l’hôtel à pied. Ce qui signifie que je pourrai une fois de plus m’adonner corps et âme à la boisson. Nous allons manger dans une taverne des plus typiques qu’il m’ait été donné de voir. Pour peu, on se croirait dans un film mexicain des années 1920. Nous remangeons à nouveaux les délicieux piments et du poisson. En temps que végétarien, je me satisferai pleinement d’un honnête plateau de fromage. Je choisis ce moment pour sortir ma fatigue et péter totalement les plombs en compagnie de Tabach. Je me ridiculise particulièrement en tentant de converser en espagnol avec Nani. Avant que Xurxx ne dissipe notre malentendu linguistique, Nani a dû me prendre - à raison dans le cas précis - pour le dernier des connards. Nous jouons seul et tard, le concert est annoncé pour 1 heure du matin. Le bar est situé dans la rue des discothèques et la foule est de sortie. Le groupe commence tranquillement et fait un set honnête. Le bar est rempli, mais pas bondé. Les gens ont l’air d’apprécier, mais ne dansent pas pour autant. Les deux autres joueurs de gaita viennent rejoindre le groupe pour « Berbés » et « Lugo », deux chansons traditionnelles galiciennes que le groupe a inclues dans son répertoire. Le trio de gaita fait son petit effet. Lors des nombreux rappels, les musiciens sortent leur grand jeu. Nous avons droit aussi à la reprise des Shériff sur laquelle, à leur invitation, je les rejoints sur scène. Une tentative lamentable, mais Richi du groupe Rastreros, grand fan des Shériff a toutefois réussi à la reconnaître. S’ensuivent quelques jams avec différents musiciens dont notamment Richi, qui, pour certains, sont de véritables légendes de la scène locale. Xurxx exulte de bonheur. Superbe ambiance. Le groupe en profite pour refaire parfois quelques morceaux. Tabach, se lasse derrière sa table de mix playmobil et me la confie pour partir fumer un pétard dehors. Au vu de mon aisance avec tout ce qui touche à la technologie, il n’a vraiment pas peur. Néanmoins j’assume et lorsque les amplis sont débranchés, nous réalisons qu’il est passé 4 heures du matin. Nous rangeons le matos et le temps de se boire l’une ou l’autre bière géante, nous retournons à l’hôtel alors qu’il est déjà 6 heures. Nico, Tabach, Soko et Marc jouent quant à eux les prolongations au bar. Celles-ci se transforment en un posage de galette pour Marc et une tentative d’assassinat de Soko par un Nico particulièrement bourré. Tabach devra même porter ce dernier jusqu’à l’hôtel. ![]() 22 Juillet : San Sadurnino (GZ) @ DZine Pub Le père Xurxx vient nous réveiller à midi. En entendant du bruit, je pensais que c’était les autres qui venaient nous dire qu’ils rentraient bourrés. Réveil laborieux donc. Après un petit café au bar, je retourne chercher le bus à la salle, pendant que Xurxx discute avec Manolo, anciennement dans Papaqueixos et actuel A Banda Potenkim. Nous allons manger une pizza dans le bled. Ce soir, nous jouons à San Sadurdiño en dessus de A Coruña (La Corogne). Pour nous y rendre, nous devons d’abord traverser l’arrière pays. Evidemment je conduis, Marc et Tabach à mes côtés. Conscients d’être partis un peu faux de Melide, nous décidons de couper à travers les petites routes. Nous roulons donc dans des paysages superbes où gambadent des chevaux sauvages. Durant près d’une demi-heure, nous ne croisons aucune voiture, ni âme qui vive. Nous traversons des villages désertiques et abandonnés, notamment un qui s’appelle Os Curros et qui résume assez bien notre état d’âme géographique. Dû au manque de précision de notre carte, nous nous perdons tout de même pas mal. Heureusement une petite ville pointe au loin, cela nous permettra de nous situer et de reprendre le bon chemin. Nous entrons dans la ville et – ô stupeur – nous constatons avec effroi, en voyant des affiches pour le concert de hier soir, que nous sommes revenus à Melide, par la même route que nous avons pris pour en sortir qui plus est. Voilà une heure bien investie. Heureusement, nous ne sommes pas pressés. Non, non, on est pas perdu du tout... Nous repartons donc dans la bonne direction et deux heures plus tard, nous atteignons San Sadurdiño. Pour la première fois de la tournée, je me fais klaxonner… par un Genevois… alors que je faisais un demi-tour au milieu d’une route. Nous arrivons au DZine Pub qui est encore fermé. L’extérieur, barbouillé de tags antifascistes, fait très squat autonome. Mais lorsque l’on vient nous ouvrir, nous réalisons qu’il s’agit d’un pub tout à fait banal. Il s’agit en fait d’un ancien cinéma et le propio est le fils d’un célèbre musicien du groupe Saraibas (un groupe galicien revendicateur qui figurait parmi les plus importants dans les années 1970). Tabach s’arrache le peu de cheveux qui lui reste durant le soundcheck. Ensuite, nous allons nous reposer dans notre logement. Une énorme maison de deux étages avec de nombreuses chambres est prévue pour nous. Nous mangeons un sandwich au bar d’à côté, profitons du soleil galicien qui ne se couche que vers 22 heures et retournons à la salle vers 23 heures. Il y a peu de monde, une quarantaine d’entrées payantes. Le groupe fait un set honnête bien rock’n’roll, pas de rappel de deux heures ce soir. Le French Cancan et sa chorégraphie obtiennent un franc succès. Soko fait l’exploit de péter 3 cordes et Marc, bourré ou/et fatigué, doit s’asseoir pour le rappel. Dans le public, je fais la connaissance de deux reds de Ferrol, ville portuaire située à 10 kilomètres, rendue tristement célèbre car Franco y est né. L’un d’eux joue dans Mencer Vermollo, un groupe oi ! bien rouge. Il m’apprend que la célèbre Banda Bassotti et Opcio K-95 jouent lundi soir à Santiago. Nous faisons bien la fête avec eux et plus ou moins avec tout le bar. La serveuse me fait goûter de nombreux alcools typiques. Elle nous offre à boire à tout va. Lors d’un shot de vodka, Marc ressent l’envie furieuse de vomir. Il constate que les toilettes sont éloignées, que vomir sur le comptoir face à la jolie serveuse ne serait pas particulièrement distingué et décide de ravaler le tout. Beurk. L’heure avance et la fête continue. Soko reçoit un drapeau galicien, le noue autour de son cou, se place en face du ventilateur et se prend pour Superman. Tabach essaie de draguer, mais ses tentatives restent vaines. Les personnes chanceuses qui ont accès à la galerie de photos privée du groupe constateront que je porte une part de responsabilité certaine dans cet échec. Et oui, je ne suis pas en reste. En effet, grâce à la serveuse qui me sert un nombre incalculable de shots d’alcool tout aussi improbables les uns que les autres, je me prends une terrible cuite et fais mon lourd. Je me lance dans un concours d’air-guitar sur scène et force toutes les personnes présentes à monter sur scène pour un air-guitar collectif. Le jour est déjà bien levé lorsque Soko et Marc décident de rentrer. Tabach et moi, tous deux bien lancés, continuons de faire la fête avec la serveuse et le patron du bar. Les shots volent sans arrêt et il n’y a pas à dire, nous sommes tous ivres morts. Une guitare acoustique sort du néant et nous nous lâchons sur des classiques des kids of 80’s que nous sommes tous les quatre : Nirvana, Mano Negra, Offspring et autres niaiseries du même acabit. Lorsque nous décidons de rentrer, il est passé 10 heures du matin. Nous titubons torses nus au milieu de la route et, croisant la Guardia Civil, nous nous faisons assez discrets. Arrivés (avec peine) à la maison, je croise logiquement le cadavre de Soko sur le lit de notre chambre et beaucoup plus étonnant celui de Marc endormi dans le rocking chair. Il n’en faut pas plus pour que Tabach et moi, tous deux morts de rire et surtout ivres morts, nous nous lançions dans une série de photos dignes d’Abou Ghraïb avec Marc inconscient. Nous sombrons définitivement dans le coma peu après. 23 Juillet : day off Un bruit sourd me réveille une première fois, il s’agit de Marc qui est tombé du rocking chair. Je n’émerge que vers 16 heures et dans un assez piteux état. Nous mangeons un truc au bar et repartons. Aujourd’hui, c’est le premier jour de nos day off. Nous décidons d’aller planquer le matos chez la tante de Xurxx. Avec mes 6 heures de « sommeil » (un grand mot dans ce cas !), je ne me sens pas apte à conduire et Fab prend le volant. Nous traversons des régions qui ont été touchées par les incendies des étés derniers. En effet, la Galice (et le Portugal) sont chaque été en proie à des incendies de chaleur, mais aussi criminels. La terre est brûlée, noire, les troncs des arbres tiennent encore debout, mais n’ont plus de branches ni feuilles. Comme dirait un certain Melvin lorsqu’il raconte ses tournées en ex-Yougoslavie, « on se croirait dans une chanson de Discharge ». Nous nous arrêtons brièvement pour admirer une splendide cascade qui était autrefois exploitée par plusieurs moulins à eau. Un beau site, même s’il est déconseillé de s’y rendre avec un grand bus. Nous arrivons chez Emma et Quique, la tante de Xurxx et son mari, qui nous accueillent à bras ouverts. Nous avions l’intention de retourner à Ribeira, mais leur énorme hospitalité nous dissuade de reprendre le volant. Une hospitalité incroyable propre aux Galiciens. Le meilleur exemple de cette tradition d’accueil, ce couple non-fumeur a des cigarettes en réserve pour les invités fumeurs qui seraient en manque. Ce qui arrange bien nos fumeurs, effectivement en manque. Evidemment, je ne fais pas défaut à mon traditionnel pétage de plomb lors du souper. C’est Marc qui me fera particulièrement rire en m’avouant qu’il pensait que les fjords norvégiens étaient une marque de yogourt. L’oncle nous prépare un alcool traditionnel à base d’aguardiente chauffé dans une marmite avec des fruits coupés en morceaux. Un véritable délice. En prenant garde aux désormais légendaires « hannetons-tueurs de Galice », nous faisons un petit poker entre Nico, Tabach, Soko, Marc et moi. Tabach et Soko ne savent pas jouer, ce qui est énervant car ils chipotent sur tout et refusent sciemment de comprendre les règles les plus élémentaires. Ils finissent par nous insulter et quittent le jeu. En très mauvaise posture, je me referai magnifiquement grâce à Nico. Nous allons ensuite dormir et Soko, au vu de sa petite taille, hérite du lit d’enfant estampillé rose-barbie. 24 Juillet : Banda Bassotti, Ofensiva, Opcio K-95, Köma : Santiago de Compostella (GZ) @ Parque Belvis Ce soir, c’est Dia da Patria galicien et partout il y a des concerts. Solomon Burke, une légende de la Soul se produit gratuitement à Pontevedra. Je salive vraiment à l’envie de voir celui que j’ai manqué à Montreux, mais il y a mieux. En effet, la Banda Bassotti et Opcio K-95 jouent à Santiago. Néanmoins, notre groupe se sépare en deux, car seuls Fabien et moi sommes intéressés par ce concert, les autres préférant retourner à Ribeira où jouent A Compañía do Ruido, le groupe de David qui nous a hébergé jeudi, et la Kinky Beat, un groupe espagnol fusion-ska-reggae (je réserve mes commentaires), qui commence à bien faire parler de lui. Nous retournons donc amener notre équipe à Ribeira et profitons de l’après-midi pour nous baigner dans une réserve naturelle au sable fin. En nous promenant sur le bord de la plage, nous constatons que le nudisme est répandu sur les plages galiciennes. Une fois à Ribeira, le temps me sera donné de voir les soundcheck de la Compañía, mais même la choriste particulièrement jolie avec qui j’ai discuté l’autre soir ne me fera pas rester à Ribeira. Fab et moi reprenons le bus et nous dirigeons vers Santiago. Avant même la première sortie d’autoroute, des ralentissements se font sentir. Nous choisissons de sortir le plus vite possible, de parquer dès que possible (rappelons que garer un immense Renault Master dans des rues tortueuses n’est pas chose aisée). Nous nous posons dans la partie sud de la ville et continuons à pied. Les rues sont pleines de gens et totalement métamorphosées. Nous trouvons sans peine le Parque Belvis, il était simplement de l’autre côté de la ville et, loi de Murphy oblige, à côté d’un immense parking libre. Le concert est gratuit et organisé par Briga, une association de gauche pour les jeunes, tendance marxiste-léniniste assez dure si je ne m’abuse. Une énorme tente est montée et déjà plusieurs centaines de personnes sont présentes. Quatre groupes sont à l’affiche ce soir : Ofensiva, Opcio K-95, Köma et la Banda Bassotti. Je recroise un des deux gaillards et les deux filles avec qui j’avais fait connaissance à San Sadurdiño. Il est 23 heures et les concerts n’ont pas l’air de commencer, on a bien fait de stresser sur la route. Nos estomacs criant, nous décidons d’aller casser la croûte, nous tournons dans les petites rues et on se trouve un petit resto sympa et pas cher. De retour au parc, force m’est de constater que la foule se compte désormais en milliers de personnes et des centaines de redskins de tout le nord-ouest espagnol. Ofensiva est sur scène et joue un hardcore metallisant qui ne me sied guère, mais que Fab apprécie. Opcio K-95, légendaire groupe de redskins catalans, montent à leur suite sur scène. Le concert commence par un discours bien militant et bien rentre-dedans, l’orateur parle de nationalisme/régionalisme, de répression, de la grève dans le port de Vigo (le plus grand port galicien)… Puis, deux jeunes cagoulés arrivent sur scène avec un drapeau espagnol qu’ils ne manquent pas de brûler sous les acclamations de la foule. Fab est scandalisé et je prend le temps de lui expliquer les différents problèmes des régionalismes (galicien, basque, catalan, asturien…) en Espagne. Le nationalisme ou le régionalisme ne se comprend pas d’une même manière si l’on est une minorité oppressée au sein d’un Etat centralisateur ou au sein d’un pays où le travail de construction d’un Etat-nation a été achevé. Palestine, Irlande, etc., ce ne sont pas les exemples qui manquent. Tandis que la droite espagnole se retrouve dans l’idéal d’une « Grande Espagne » unie, la gauche rêve d’une Espagne où les communautés régionales pourraient choisir librement leur destin. Bien sûr, des efforts ont été réalisés dans cette direction, mais l’on est encore loin d’une autonomie totale et la répression n’a pas fini de s’abattre sur les activistes qui réclament l’indépendance. ![]() Opcio K-95 : Drapeau Galicien au poing ! Le concert d’Opcio K-95 commence avec de nombreux morceaux que je ne connais pas, mais dont le public reprend les paroles en chœurs. Entre chaque chanson des slogans indépendantistes émergent du public. Les musiciens, eux-mêmes très logiquement portés sur l’indépendantisme catalan, apprécient cette excellente ambiance. La température augmente particulièrement sur les dernières chansons. Le groupe joue la reprise de « Zu atrapatu arte » des légendaires Kortatu et leur excellente chanson « Oi ! Per Catalunya », sortie à l’époque sur un split 45 T partagé avec la Brigada Flores Magon. Le concert se clôt ainsi et nous bougeons vers une autre scène où Skarnio, un groupe de ska galicien qui fait beaucoup parler de lui, doit jouer. La scène est plus petite que le Parque Belvis et nous circulons avec difficulté. Dommage que Cenk n’ait pas pu jouer ici. Nous ne verrons pas Skarnio car un groupe de fusion rap-metal est en train de jouer. Il faudra qu’on leur dise que c’est démodé, tout comme le mulet, cette horrible coupe de cheveux héritée du hard-rock des années 1980, très en vogue dans toute l’Espagne. Nous redescendons donc au Parque Belvis où Köma est en train de jouer. Le groupe joue dans un registre rock sans beaucoup de classe, ni grande conviction. Un repli stratégique vers le bar, nous permet de recroiser nos copines et je discute pas mal avec l’une d’entre elles de la situation politique de la Galice. Une discussion très intéressante au cours de laquelle elle m’apprend que dans sa classe où elle étudie l’ingénierie navale, elle est la seule étudiante à ne pas faire partie de la puissante Opus Dei. Et oui, c’est malheureusement aussi ça la Galice, une région rurale encore écrasée par le poids de la religion dont la frange la plus intégriste s’implante dans les campus universitaires et les collèges dans le but de contrôler l’élite de demain. La Banda Bassotti (les Rapetous en italien) commence alors qu’il est bien tard, trois heures du matin au minimum. La fête bat son plein et désormais 5000 à 6000 personnes se pressent sous l’immense tente pour voir les légendes italiennes. J’avais déjà vu ce groupe à Genève voilà trois ans et n’avais pas été convaincu du tout, ambiance « à la Ska-P » avais-je dit. Cependant, je sais parfaitement qu’ici, dans ces conditions, le concert ne peut-être que grandiose. En effet, la Banda Bassotti est pieds et poings liés avec les différentes gauches « espagnoles », la basque tout particulièrement. Le groupe ne s’est-il d’ailleurs pas reformé pour fêter en 2001 les derniers concerts des non-moins légendaires Negu Gorriak, leurs compagnons de route basques. Effectivement, leur concert n’a rien à voir avec la piètre prestation que j’avais vue à Genève. Aujourd’hui, c’est l’ambiance de la mort, un gros skank généralisé de plusieurs milliers de personnes, un groupe qui lève le poing par conviction et non seulement pour le côté théâtral du concert. De nombreux drapeaux galiciens, mais aussi basques sont agités dans la foule. Entre chaque chanson, des slogans sont systématiques scandés et repris par plusieurs milliers de poitrines qui battent sur le même rythme : « Independencia, independencia, independencia ! ». La Banda est sur la même longueur d’onde, joue le jeu et fait un concert particulièrement efficace, alignant de multiples rappels. A la fin, vers 5 heures du matin, je suis convaincu, plus par l’ambiance et les conditions que par le groupe en lui-même. ![]() La Banda Bassotti (remarquez la taille énorme de la scène et de la tente !) Mon état n’est pas catastrophique, mais ne permet pas non plus de conduire, « conduisable, mais pas contrôlable », d’autant plus que nous devons reprendre la fameuse route aux 50 morts. Fab est resté plus sobre que moi et nous décidons de rentrer à Ribeira où est hébergé le reste de notre groupe et la Kinky Beat. Nous atteignons Ribeira alors qu’il est déjà 7 heures du matin. Malgré cette heure tardive, nous décidons d’aller faire un tour en ville voir si nos lurons sont encore en train de faire la fête et, le cas échéant, les rejoindre. Alors que nous sommes en route vers le centre, nous croisons Soko, Tabach et Xurxx qui sont en train de rentrer. Deux cents mètres plus tard, nous retrouvons par hasard Marc qui erre dans la ville. Nous nous dirigeons à la salle de gym et, durant les deux minutes que dure le trajet, Soko trouve le temps de s’endormir et exige de Fabien et moi que nous le portions jusqu’à son sac de couchage. Nous nous exécutons et posons Soko dans une grosse flaque d’eau peu fraîche. Tabach et Marc, quelque peu inquiets pour Nico, égaré, seul et bourré dans la ville, décident d’aller le chercher. Ils ne reviendront que deux heures plus tard sans avoir déniché Nico pour autant, « brecouille comme on dit dans le Bouchonnois ». 25 Juillet : day off Nous nous levons péniblement et allons à la plage qui est en face de la salle de gym dans laquelle nous avons dormi. Enfin Nico arrive. A Soko qui le félicite d’ « être resté à la bière » (ce qui atténue les dégâts que peut produire l’alcool sur Nico), celui-ci rétorque qu’il est « surtout resté à la plage » et qu’il a « égaré » son porte-monnaie. Cela nous empêche pas de profiter de notre premier jour de plage. L’eau est froide, mais l’on peut s’y baigner. Le sable fin sera parfait pour enterrer Nico et continuer la série de photo d’Abou Ghraïb. Le soleil tape fort et je me prends un coup de soleil sur le ventre. En fin d’après-midi, nous poussons vers Santiago, car toujours dans le cadre des réjouissances nationales, il y a un concert de folk et de musique traditionnelle galicienne auquel le père Xurxx tient à nous emmener. Nous peinons à trouver le camping et, une fois installés, nous nous dirigeons vers les concerts. C’est le dernier jour des festivités et les gens n’ont pas congé demain. En conséquence, beaucoup moins de monde se promène dans les rues et, pour une fois, les concerts commencent tôt et nous loupons le groupe que Xurxx voulait nous faire découvrir. Ce dernier est particulièrement déçu. Fab, Soko, Tabach et moi mourrons de faim, nous n’avons ni déjeuner, ni dîner et il est déjà 22 heures. Notre ventre ne nous laisse pas le temps de dénicher le petit restaurant typique aux prix particulièrement bas et nous mangeons mal dans un resto touristique à souhait. Lorsque nous en sortons, il est une heure du matin et la fête est définitivement finie. Nous peinons même à trouver un bar où prendre un digestif. Nous rentrons, la queue entre les jambes, au camping. Après avoir largement tapé dans le kalimotxo du garde à l’entrée du camping, Tabach et moi décidons de retourner en ville chercher un peu de shit. Nous reviendrons « brecouille », à peine un demi-joint de marocain qu’un rasta nous a filé en voyant notre air désespéré. Une dernière session de blagues lourdes pour s’endormir et « Bonne nuit Nicolas, bonne nuit Pimprenelle ! ». 26 Juillet : day off Le lendemain est entièrement dédié à la visite de Santiago. Xurxx va passer deux jours chez sa famille et nous abandonne alors que nous ne sommes pas encore levés. Je suis désormais l’unique personne des six qui parle un tant soit peu espagnol. Ca promet. Dès lors, nous partons pour la visite historique du point de chute de milliers de pélerins depuis des siècles. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’après s’être tapé des milliers de kilomètres, ils doivent certainement être déçus. La cathédrale ressemble à s’y méprendre à un fast-food. Les gens jouent des coudes, poussent pour y rentrer et être compressés. Cris d’enfants, adultes qui parlent tout haut, flashs et photos à gogo, bougies remplacées par des luminions électriques, j’en passe et des meilleures. Personnellement la quiétude des « lieux saints » m’importe peu - on est anti-clérical ou on ne l’est pas -, mais j’imagine que d’autres doivent tirer de drôles de têtes. La faim se faisant sentir, nous recherchons et trouvons le même sympathique petit resto dans lequel Fab et moi sommes passés pour le parfait couple d’homosexuels l’autre soir. Nous discutons avec le patron et il nous apprend qu’il a vécu durant 27 ans à Berne. En Suisse, la communauté « espagnole » la plus représentée est la galicienne. Dans le monde, nombreuses sont les « célébrités », de Fidel Castro à Manu Chao en passant par Julio Iglesias, à avoir des racines galiciennes. Du coup, nous sympathisons et il nous offre la traditionnelle tournée de licor-café. Nous partons pour une tournée de musées. Le premier que nous visitons est le CGAC, Centro Galego de Arte Contemporanea. L’entrée est gratuite, mais le contenu ne m’intéresse guère. Les films d’animation où durant 30 minutes des gens immobiles sont filmés, je trouve que c’est un concept certes intéressant, quoique bien resucé par cent fois, mais au-delà des deux minutes, cela devient irrémédiablement bancal. Et comme le musée, exception faite de 10 tableaux et 3 sculptures, ne présente que ce genre de films, mon ennui croît. Heureusement, deux hauts spécialistes de l’Art Contemporain galicien – Nico et Soko – sont là pour m’expliquer que je suis un ignorant et que, bien évidemment, je ne peux comprendre le sens profond et la subtilité de la démarche artistique. Je ne les remercierai jamais assez de m’avoir montré la voie avec un enthousiasme débordant. L’architecture du lieu reste néanmoins intéressante. Nous visitons aussi la Fundacion Caixa Galicia qui retrace l’histoire galicienne. J’avais vu le gigantesque prospectus sur la table d’un bar, mais la visite (encore une fois gratuite) n’apporte guère plus que le prospectus. En fin d’après-midi, nous retournons au bus et décidons de partir camper au bord de la mer pour profiter pleinement de nos deux derniers day off. Vu que nous devrons aller chercher Xurxx du côté de Pontevedra, nous dirigeons dans cette direction. D’après notre carte, il doit y avoir deux campings près du finistère entre le rio de Pontevedra et celui de Vigo. Une fois de plus, cette satanée carte nous a trahi. Après avoir emprunté des routes pas forcément carrossables, nous atteignons le finistère. Face à nous, l’Atlantique dans toute sa splendeur et sa force. Une vue magnifique. En allant aux renseignements, on nous explique qu’il existe un petit camping presque au bord de la mer quelques kilomètres auparavant. Même si l’on nous recommande un autre plus grand, nous tentons d’abord celui-là. Bien nous en a pris, le camping est minuscule -à peine 10 tentes-, les prix proches du zéro et les gens qui nous accueillent ont l’air très sympathiques. Même si cela lui fait plus ressembler à un camp sauvage d’une guerilla guévariste quelconque qu’au camping de la Palavas-les-Flots, le côté jungle ombrage largement les tentes. Le rêve ! Pour nous reposer, impossible de trouver mieux. Le gueuleton est à la hauteur, quoique « à l’ancienne » : gigantesque plat de poissons pour les omnivores et énormes tortillas pour les végétariens. La soirée se passe tranquillement, parties de cartes et fumage de shit (aimablement fourni par le « surveillant » du camping ! Quand on vous dit que les Galiciens sont adorables…). La nuit est plus agitée, entre les cris des « coyotes-tueurs de Galice » et les terribles ronflements de Tabach, je n’arrive pas à dormir. Finalement je m’en irai demander l’asile politique dans la tente de Nico et Marc. ![]() 27 juillet : encore un day off Le lendemain, grâce à l’ombre, nous n’émergeons que vers midi. Nous prenons un petit déjeuner et descendons tranquillement à la plage. Celle-ci est magnifique : sable blanc, eau transparente, azur étincelant. Mais – il y a toujours un « mais » -, l’eau est glacée, je m’y suis bien trempé, mais l’hypothermie me guettait. De surcroît, cette magnifique plage est réservée aux nudistes et le taux de vieilles couilles quinquagénaires l’emporte par une victoire à 100% sur le taux du binarisme primaire « petit cul & gros seins ». Déçus nous sommes. Peu importe, nous sommes trop feignasses pour nous bouger à la plage non-nudiste qui est à un bon kilomètre plus loin. Avec nos maillots, nous nous faisons quand même un peu mal voir et ce n’est que vers la fin d’après-midi que nous migrons vers l’autre plage, qui ne possède évidemment pas la grandeur de la première. J’y retrouve même une boulette de pétrole, datant certainement du naufrage du Prestige. Un joli point de vue qu'on a découvert en cherchant un camping... L’oncle de Xurxx, plongeur de profession, nous en avait parlé, notamment du rôle déplorable joué par le gouvernement. En effet, celui-ci avait censuré toute la presse et filtrait tellement l’information que les Galiciens, pour se renseigner, devaient se référer aux médias portugais. Lui-même, dans sa profession de plongeur, avait reçu une interdiction formelle de photographier ou de divulguer ce qu’il pourrait voir en plongeant. Le gouvernement après avoir remorqué le Prestige en eaux portugaises, pensait s’être débarrassé de ce problème, mais il n’en fût (malheureusement) rien. Aujourd’hui, le Prestige est en train de rouiller au fond de l’Océan et la côte doit s’attendre à une nouvelle marée noire lorsque les réservoirs pas encore perforés le seront. La Galice, dont le destin est depuis toujours lié à la mer en a toujours subi les désagréments, et surtout les désagréments de l’Homme, les pires. Nous rentrons au camping pour le souper. Tandis ce que les autres se tapent de nouveau un gueuleton gargantuesque, Marc et moi décidons d’aller tenter les spaghettis d’une buvette que nous avons vue aux alentours. Mal nous en a pris. Néanmoins, la soirée se passe tranquillement, tournées de licor de cafe, bières, cartes… Nous fumons avec un rasta local. Pour une fois, c’est de la bonne herbe et non du shit. Nous devenons tous verts, particulièrement Soko. D’ailleurs Tabach et Soko finissent tellement éclatés qu’ils décident de suivre leurs nouveaux amis babas-rastas pour une jam djembé/guitare folk sur la plage dans l’espoir d’emballer les deux filles présentes (pour 20 babas-rastas). Une fois de plus, sans surprise, ils reviendront « brecouilles ». 28 Juillet : Palas del Rei (GZ) @ Festival Rock & Motos Réveil tranquille une fois de plus. Ce soir, les concerts reprennent, mais, une fois de plus, nous ne sommes pas pressés. Nous réglons la note au camping et remercions infiniment la patronne. Est-il le nécessaire de préciser, mais nous avons fait sensation dans ce camping. Tout le monde s’arrêtait devant le bus, observait les affiches de la tournée et se questionnait, sans jamais oser le demander, à notre sujet. Lorsque la patronne me demande si c’est possible qu’elle nous ait vu dans un magazine, je réponds par la négative. Pour le coup, nous lui laissons un disque du groupe. En retour, elle nous offre une bouteille de licor-café. Quelle hospitalité tout de même ! Nous récupérons Xurxx qui a aussi repris du poil de la bête et nous dirigeons vers Palas del Rei. La route ne m’est pas inconnue car Palas del Rei n’est situé qu’à 10 kilomètres de Melide. Suite à notre mésaventure de l’autre jour en partant de Melide, les blagues vont évidemment bon train. Dans l’idée de se faire un maximum de sommeil avant l’épuisant retour, Fab, Marc et moi choisissons de prendre une chambre au même hôtel. Le festival où nous jouons s’appelle Rock & Motos et s’agirait du troisième plus grand festival de la Galice. Le cousin de Xurxx a vu des affiches jusque dans les Asturies. De quoi mettre la pression à nos petits Suisses. Sur place, tout est aussi démesuré : scène énorme, orga carrée, parking des artistes surveillé par des mecs aux talkies-walkies… Tant et si bien que cela manque évidemment de spontanéité et sincérité à mon goût. Les bâtiments qui font office de loges et de bars sont un « marché au bétail », même si cela me fait plus penser à une ancienne base secrète du franquisme. Lors du soundcheck, Tabach manque de peu de tuer le propriétaire de la sono, qui ne maîtrise pas son engin, ne parle pas un traître mot d’anglais et, déjà méchamment bourré, tient absolument à l’aider en lui racontant sa vie. Le groupe joue en premier vers 22h30, une heure quasi-matinale en Galice. Le public ne se presse pas, mais est bien diversifié. On se croirait aisément dans une bd de Margerin : gangs de motards (avec les Harley parquées à l’entrée), hardrockers, punks, neusks, rastas… Le groupe commence devant à peine une vingtaine de personnes, mais les gens arrivent peu à peu et quand le set se finit, entre 200 et 300 personnes suivaient le concert. Même si le groupe ne semble pas perdu sur cette grande scène, ce n’est pourtant pas le concert du siècle. Apparemment, c’est le lendemain qui est LE soir du festival (avec feux d’artifices, strip-teaseuses et strip-teaseurs, etc.). Pour l’instant, d’autres groupes suivent et ne m’enthousiasment guère. Desorden fait dans le punk-pop MTV (un peu à la Toxic Guineapigs) et nous passons notre temps à manger des frites (certainement cuites dans l’huile de moto) et/ou à se moquer des mecs qui osent arborer fièrement le mulet (mention spéciale au nouvel ami de Soko). Le groupe suivant serait selon Xurxx une légende locale du punk (les ex-Heredeiros da Crus), « étaient dans les années 1980 » me semble plus juste, car là, on a droit à une espèce de rock variété synthétique. Néanmoins, et Xurxx me le confirmera, le groupe semble bien engagé pour la cause indépendantiste. Fab, Marc et moi choisissons ce moment de lassitude extrême pour rentrer à l’hôtel. Nous constatons que l’on nous a refilé la chambre pour personnes âgées (avec des barres pour se tenir dans la salle de bain) et que le sixième canal diffuse toujours du porno de qualité, rapidement censuré par Fab-le-sage toutefois. Pendant ce temps-là, le reste de l’équipe qui campe sur place n’est guère enthousiasmée par le dernier groupe. Faisant les cons dans les loges, ils manquent de peu de boire un bocal de formol dans lequel se trouve un vieux lézard, réminiscence de « Les bronzés font du ski » ? Un d’entre eux, en tentant de piller le frigo des Desorden finira à la coke avec eux. Il est temps qu’on rentre en Suisse. 29 Juillet : Chantada (GZ) @ Sala Mogay Ce soir, c’est notre dernière date et nous jouons à Chantada, un village qui n’est qu’à 50 kilomètres de Palais del Rei. Nous profitons donc d’aller visiter Lugo, chef-lieu du département. Lugo est une ancienne ville romaine et il subsiste de cette époque-là une muraille de 2,140 kilomètres, classée Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco qui entoure la vieille ville. Nous prenons le temps d’en faire le tour et repartons pour Chantada. ![]() Les murailles de Lugo ! Ca vaut le détour ! (au pire par google earth, on les voit très bien) Peu pressés, nous prenons une voie touristique pour admirer le rio mino, une rivière encastrée durant des dizaines de kilomètres au fond des rochers. Evidemment, la vue est magnifique, mais une fois de plus, notre carte imprécise nous perd dès que nous sortons des nationales. Nous traversons à nouveau des villages désertés devant des petits vieux médusés qui n’ont pas dû souvent voir des plaques vaudoises. Xurxx prend les choses en main et nous atteignons Chantada. Fait rarissime, nous ne trouvons pas la salle du premier coup. Lorsque que nous sommes arrêtés, en plein devant une réception de mariage et que de charmantes demoiselles en sortent, nous manquons de perdre Marc, possédé par des réactions de primate en chaleur. Finalement, nous dénichons la salle, située tout près d’une « Avenue Général Franco ». Rien que ça ! Alors que Madrid se voit obligée de déboulonner de nuit les dernières statues du caudillo autoproclamé, en Galice, des rues portent toujours son triste nom. La salle est en fait une discothèque. Le riche mobilier - fauteuils, tables basses, colonnes romaines - pourrait aisément faire office de déco pour un mauvais porno des années soixante-dix. Je profite du soundcheck pour vider et nettoyer le bus avant le retour. Ensuite, nous partons boire un verre sur une petite terrasse ombragée. Nous croisons la tante de Xurxx, son mari et des amis qui viennent nous voir pour notre dernière date. Nous nous faisons un dernier gueuleton dans le resto situé en dessus de la salle. De retour à la salle, nous retrouvons la tante de Xurxx qui nous offre des magnifiques t-shirts de la tournée. Quand on vous dit que les Galiciens sont des gens formidables ! Soko et Marc ne tiennent pas en place car il y a dans la salle de nombreuses muchachas, qui, bien que particulièrement jeunes, n’en sont pas moins désirables. Le concert commence devant une bonne cinquantaine de personnes. Le groupe fait un bon set et comme à l’accoutumée, les gens apprécient énormément, applaudissent à tout rompre, mais ne dansent pas du tout. Le groupe fait plusieurs rappels et à la sortie de scène, un ami du patron, attend nos héros du jour avec des rails de coke tout prêts. Rock’n’roll, vous avez dit ? Vu que nous partons tout de suite pour la Suisse, un refus poli (par trois fois tout de même) s’impose. Nous faisons quelques dernières photos avec le crew galicien et reprenons la route. Bien évidemment, je conduis le premier, accompagné par Xurxx. Une fois l’aube venue, je passe le relais à Fab. Nous traversons l’Espagne et la France sans problème, même si, à la vue des gendarmes, nous nous inquiétons car c’est Marc qui conduit et que celui-ci a oublié son permis en Suisse. Aucun problème à la douane et après 20 heures de route quasi non-stop, nous arrivons à Lausanne. Nous déchargeons une dernière fois le bus et l’on rentre chez nous au calme. Pour conclure, que dire d’autre que l’Espagne est un pays incroyablement rock’n’roll ! Cependant, - j’espère que vous l’aurez saisi - la Galice n’a rien à voir avec l’Espagne. Cette région jouit d’un arrière-pays superbe et agréable à vivre (températures chaudes, mais pas excessives) et ses habitants sont des gens charmants et bourrés de bonnes intentions. Les prix ne sont pas chers, le public nombreux, curieux, quoique rarement enthousiaste, même s’il est conquis. Bref, une expérience humaine, touristique et musicale qui nous a tous enrichi. Même que l’on va certainement y retourner. Si vous voulez voir plus de photos, n'hésitez pas à aller voir le site du groupe : http://www.cenk.ch/ Emission Radio 15 mars spécial punk 1977 à Lausanne avec HLMPar Mr Lourd :: 11/03/2007 à 17:08 :: Général
Ce jeudi 15 mars à 20 heures, l’émission Maximum Guacamole que je réalise (écoutable en ligne sur http://www.frequencebanane.ch
) invitera tous les membres de HLM, une des premières formations punk
lausannois. HLM exista de 1978 à 1983 et fut un des chefs de file du
mouvement punk en Suisse-Romande. Ils jouèrent notamment avec
Starshooter, TNT, Diskolokost, Debils… Ce sera aussi l’occasion
d’aborder le mouvement Lôzane Bouge, lorsque la jeunesse lausannoise
manifestait pour avoir un centre autonome, et le Cabaret Orwell,
mythique salle lausannoise qui en découla.
![]() Cette émission s’inscrit dans la lignée du travail réalisé pour le livre « Hot Love » ( http://www.swisspunk.ch ). Le groupe amènera avec eux de nombreux titres inédits, notamment des enregistrements bien péchus. Certains titres sont déjà disponibles sur le site myspace du groupe ( http://www.myspace.com/hlmlsanne ). Toutes les personnes intéressées par l’histoire du punk en Suisse ne doivent manquer ce rendez-vous unique sous aucun prétexte ! THE RUTS : The punk singles collectionPar Mr Lourd :: 25/05/2006 à 22:51 :: Général
THE RUTS : The punk singles collection ![]() Les anglais de The Ruts se forment sous l’influence de la scène punk 77 et du reggae. Les musiciens, comme ceux de nombreux groupes punk, étaient issus du pub-rock. Cet héritage et leur mélange de différents styles leur permettaient de jouer une musique variée qui voguait entre les deux scènes, reggae et punk, influençant par la suite de nombreux groupes (Bad Brains, Fishbone, etc.). Certains s’aiment à les classer près du Clash. Voilà qui n’est de loin pas faux. Les membres de The Ruts s’impliquent aussi dans les festivals Rock against Rascism, qui s’organisaient en réaction à la puissante montée du National Front qui recrutait ferme dans le milieu oi ! et punk en Grande-Bretagne. Leur 2ème single fut vendu à pas moins de 20'000 copies et le groupe bénéficia notamment du soutien du célèbre animateur John Peel. Captain Oi !, le label de référence en matière de réédition a justement eu l’excellente idée de compiler sur disque tous les singles sortis par le groupe jusqu’au décès du chanteur par overdose en juillet 1980. En outre, on retrouve aussi le single de Ruts DC, projet instrumental et plus dub monté à la suite de la mort du chanteur. http://www.capitainoi.com OS REPLICANTES, 1 mai 2006 à l’Espace Autogéré à LausannePar Mr Lourd :: 25/05/2006 à 22:50 :: Chroniques concerts
OS REPLICANTES, 1 mai 2006 à l’Espace Autogéré à Lausanne
En ce lundi soir, je me suis rendu au péril de ma vie à une petite soirée post-1er mai à l’Espace Autogéré. Si je dis au péril de ma vie, c’est parce que j’y suis allé en skate-board, risquant à mon arrivée à César-Roux de me faire attaquer par un sombre personnage qui se fait connaître sur différents forums sous le pseudo de Bob for Ever. Suite à mon arrivée tardive, je me manque lamentablement le 1er groupe, Zoo Humain, du crust lausannois. OS Replicantes joue déjà et force m’est de constater que la foule n’est pas au rendez-vous, certains récupérant sans doute de ce week-end, notamment du concert de soutien à Trashland. OS Replicantes, ce groupe brésilien, en est en tout cas à sa deuxième tournée en Europe. Je les avais manqués à Bremgarten en première partie de Los Fastidios, il y a quelques années. Le groupe se définit, d’après une de leurs chansons, comme Brazilia oldschool veteran. Tout est dit : c’est vrai qu’il ne sont plus tout jeunes, une trentaine bien frappée pour ce quator classique à la discographie bien fournie (cd, 45 T, dvd). La musique va donc très vite, parfois bien oldschool - c’est vrai qu’avec leur look, on se retrouve projeté dans l’Amérique de Reagan, une époque à laquelle les groupes de skate-punk ne faisaient pas de la variété comme aujourd’hui -, mais OS Replicantes sait aussi à se laisser aller à des choses plus 77. Le groupe se la donne bien malgré le peu de monde et le manque d’ambiance. Un chanteur charismatique, des musiciens efficaces, une bonne formule en quelque sorte, même si elle reste classique. Les paroles ont l’air bien engagées, mais à cause du problème de la langue, le groupe ne communique pas énormément. Il me semble néanmoins avoir repéré quelques propos contre le nucléaire et la société de consommation. Une reprise de « It’s time to see who’s who » de Conflict vient me conforter dans cette idée. Bref une bonne découverte pour une brève heure de concert. http://www.squat.net/ea LUCRATE MILK : s/t (cd + dvd)Par Mr Lourd :: 30/04/2006 à 12:18 :: Chroniques disques
LUCRATE MILK : s/t
![]() Et voilà, j'ai enfin dans mes mains moites l'objet que toute personne intéressée de peu ou de près à la contre-culture devrait s'arracher ! En effet, le label des Bérurier Noir, le folklore de la Zone-Mondiale, rend hommage à leurs grands frères et sœur, les Lucrate Milk ! Ce groupe musicalement déjanté marqua d'une pierre ce qui allait devenir l'alternatif français et n'avait néanmoins jamais été considéré à sa juste valeur. Rendons donc à César ce qui lui appartient car ce coffret ne regroupe pas moins de deux cds audio et un DVD, excusez du peu ! Le premier cd audio reprend la discographie intégrale de ce groupe déglingué, à savoir deux 45 T ( s/t 1981 et « Poissons » 1982) et un LP (« Grenouille » 1984) ainsi qu'une douzaine de titres live capturés entre Paris et Berlin. La musique des Lucrate n'est certes pas des plus faciles à aborder. Est-ce du punk ? Hmm, pourquoi pas ? Dans l'esprit certainement, mais dans la musique ? Le fait qu'il n'y a pas de guitare les éloigne du binarisme keupon. A l'aide du chant féminin criard de Nina, ils prennent à contre-pied et déconstruisent toute la vague punk anglaise. Lucrate Milk amène un côté artistique en sortant des clichés par tous les moyens possibles et inimaginables. Le groupe est tout simplement impossible à classer et c'est tant mieux. Par contre, on retrouvera certains de ses membres dans la raïa des Bérurier Noir : Masto amènera son sax chez le groupe phare des années alternatives, Laul, son talent graphique et Marsu, déjà manager des Lucrate, son carnet d'adresses. Le deuxième cd compile différents artistes qui ont connu les Lucrate Milk (Lefdup & lefdup, Bérurier Noir, Junior Cony…) et des petits nouveaux de l'underground pour un hommage en 27 reprises. Mais le plus intéressant de ce coffret reste le DVD sur lequel un énorme et remarquable travail d'archivage a été réalisé. On y retrouve, monté dans le même esprit du groupe, 2h45 d'animations, de clips de l'époque, d'extraits de concerts, un hommage à Elno (un proche des Lucrate Milk, le 5ème Lucrate même, qui finira dans les Négresses Vertes, après un passage chez les Bérus) et surtout un documentaire sur le rock alternatif particulièrement intéressant (voire hilarant) vu que le professeur n'est autre qu'un certain Marsu. Bref un objet à la présentation soignée et artistique qu'il conviendra d'acquérir au plus vite ! Un véritable plaisir pour les yeux et la tête. Le tout pour pas cher (15 Euros) sur http://www.fzm.fr Le site du groupe http://www.lucratemilk.propagande.org |
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